Les troubles alimentaires

Les troubles alimentaires se définissent par des perturbations persistantes de l’alimentation ou du comportement alimentaire entrainant un mode de consommation malsain. Ils se manifestent par :

  • restriction alimentaire et/ou
  • désinhibition.

La présence d’un TCA (Trouble des Conduites Alimentaires) témoigne d’une difficulté significative pour laquelle le TCA agit comme fonction adaptative à cette difficulté et affecte toutes les sphères du développement de la personne (relationnelle, psychologique et physique)

*d’autres troubles alimentaires sont également identifiés tels que le pica et le mérycisme, qui ne seront pas abordés dans ce contexte. 

Définition des différents troubles des conduites alimentaires

Association américaine de psychiatrie, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, Elsevier Masson SAS, 2015. 

Anorexie mentale

Anorexie nerveuse : Restriction de l’apport énergétique, peur intense de prendre du poids et altération de la perception du poids ou de la forme de son corps. Perte de poids significative menant à un poids significativement bas.

Anorexie nerveuse atypique : Tous les critères de l’anorexie nerveuse sont remplis, incluant la perte de poids significative, mais le poids est normal ou élevé.

Prévalence chez les jeunes femmes : 0,4 %.
Affecte davantage les femmes que les hommes dans un ratio 10/1.

Boulimie

Présence de frénésies alimentaires : ingestion dans un temps limité d’une quantité de nourriture largement supérieure à ce qui est attendu, accompagné du sentiment de perte de contrôle sur le comportement alimentaire.

Présence de comportements compensatoires inappropriés et récurrents visant à prévenir la prise de poids (vomissements provoqués, jeûnes, exercice physique excessif ou prise de substances facilitant l’élimination)

Prévalence chez les femmes : 1 % à 1,5 %

Affecte davantage les femmes que les hommes dans un ratio 10/1.

Accès hyperphagiques

Présence de frénésies alimentaires : ingestion dans un temps limité d’une quantité de nourriture largement supérieure à ce qui est attendu, accompagné du sentiment de perte de contrôle sur le comportement alimentaire.

SANS recourt à des comportements compensatoires pour prévenir la prise de poids.

Absorption rapide d’aliments causant :

  • douleurs abdominales
  • sentiment d’être dégouté de soi,
  • gêne de la quantité de nourriture absorbée

Prévalence chez les adultes : 1,6 % pour les femmes et de 0,8 % pour les hommes.

Trouble de restriction ou évitement de l’ingestion d’aliments

Désintérêt et évitement de la nourriture ayant pour cause des particularités sensorielles ou un dégoût pour la nourriture entrainant un déficit nutritionnel.

Fonctions du TCA

La présence d’un TCA a parfois une fonction adaptative à des difficultés sous-jacentes. En voici des exemples :

  • Le TCA donne l’impression de prendre du pouvoir sur sa vie, son autonomie, ses émotions et ses comportements. Il permet l’obtention du contrôle.
  • Le TCA offre la possibilité d’une distance avec les émotions.
  • Le TCA donne une réponse à la satisfaction des besoins de perfectionnisme.
  • Le TCA peut être l’occasion d’une diminution des exigences parentales.
  • Le TCA permet l’évitement des difficultés vécues.
Facteurs déterminants dans le développement et le maintien du TCA

Plusieurs facteurs de risques peuvent conduire à la présence d’un TCA. Un mélange d’influence de facteurs biologiques, psychologiques et sociaux fragilise la personne atteinte.

  • Les facteurs biologiques : incluent tout ce qui entoure la génétique, les neurotransmetteurs, les hormones, etc.
  • Les facteurs psychologiques : la construction de la personnalité, la gestion émotionnelle, l’estime de soi, l’image corporelle, les cognitions, etc.
  • Les facteurs sociaux : les facteurs de stress environnementaux, tels que la pression de la minceur, les conflits relationnels, les déménagements, les changements d’école, l’intimidation, les abus, etc.

D’autres facteurs permettent le maintien de la maladie :

Facteurs de maintien :

  • La sous-alimentation
  • La maigreur
  • La restriction alimentaire

Heureusement, la présence de facteurs de protection diminue la vulnérabilité au développement au TCA

Facteurs de protection :

  • La relation sécurisante parents-adolescents
  • Le style parental démocratique
  • Les échanges adéquats entourant l’alimentation et l’image corporelle
  • Prendre régulièrement les repas en famille et l’instauration d’un climat positif aux repas
  • Le développement d’une image corporelle positive

 

Impacts sur la santé physique et psychologique
Conséquences physiques de la restriction alimentaire
  • Peau sèche
  • Teint orangé
  • Cheveux cassants, perte de cheveux
  • Perte de la masse musculaire
  • Perte de gras
  • Perte de la masse osseuse
  • Arrêt des menstruations
  • Œdème
  • Fatigue
  • Hypothermie
  • Lanugo (apparition de duvet)
  • Troubles digestifs
  • Hypotension
  • Bradycardie (ralentissement du rythme cardiaque)
  • Arythmie cardiaque (fonctionnement anormal de l’électricité du cœur)
  • Étourdissements
  • Perte de conscience
  • Déshydratation
  • Mort
Conséquences physiques des frénésies alimentaires et des vomissements
  • Fluctuation de poids
  • Ulcérations du dos de la main
  • Éclatement des vaisseaux sanguins du visage
  • Hypertrophie des glandes salivaires
  • Érosion dentaire
  • Problèmes de gencives
  • Vision embrouillée
  • Irritation de la bouche et de la gorge
  • Troubles digestifs
  • Tremblements
  • Déséquilibre électrolytique
  • Perte de conscience
  • Déshydratation
  • Mort

Conséquences psychologiques

  • Gestion émotionnelle défaillante
  • Faiblesse de l’estime de soi
  • Difficultés relationnelles intrafamiliales et avec les pairs
  • Altération de la performance scolaire
  • Diminution de la qualité de vie
  • Humeur anxieuse et dépressive
  • Comportement rigide et obsessif
  • Irritabilité
Signes précurseurs ou symptômes associés
L’obsession de l’image corporelle
  • L’insatisfaction de l’apparence prend toute la place ;
  • Surveiller et contrôler son image corporelle ;
  • Vivre des émotions désagréables et critiques face à son apparence ;
  • L’estime de soi est influencée par le poids, etc.

La restriction alimentaire

  • Surveiller les calories ;
  • Refuser de manger un aliment spécifique;
  • Réduire ses portions
  • Refuser de manger à certains repas;
  • Manger seulement des fruits et légumes au repas;
  • Manger une journée sur deux, etc.

Les compulsions alimentaires

  • Manger une plus grande quantité de nourriture qu’attendu selon le stade de développement;
  • Ressentir une perte de contrôle sur la nourriture ingérée;
  • Manger par ennui.
Les comportements compensatoires
  • Se faire vomir;
  • Mâcher et recracher les aliments pour les goûter sans les avaler;
  • Ingérer des laxatifs ou des diurétiques;
  • Faire un mauvais usage de l’insuline volontairement;
  • Faire de l’activité physique;
  • Jeûner;
  • Utiliser des substances coupe-faim.

L’exercice physique compulsif

  • Ressentir de la culpabilité en l’absence d’exercice;
  • Routine d’exercice stricte;
  • S’adonner à l’exercice malgré la fatigue;
  • L’exercice a pour fonction principale de modifier l’apparence;
  • L’estime de soi est strongly influencée par sa forme physique.

Référence : Richard M. et Aimé A, Le corps pris en otage, Trécarré, 2024